07.19.2022

Coline Flandrin, Diététicienne à Lille, nous partage son approche de la boulimie et de l’anorexie.

Interview réalisée avec Coline Flandrin, Diététicienne à Lille. Elle nous explique l’anorexie et la boulimie et nous partage son approche pour lutter contre ces troubles du comportements alimentaires très communs.

Pouvez- vous vous présenter brièvement ?

Je suis Coline Flandrin, diététicienne libérale depuis 10 ans à Lille. J’ai toujours eu un petit temps salarié en parallèle de mon activité. Je travaille en clinique dans un service de pédopsychiatrie. Mes formations s’orientent vers la prise en charge de patients souffrant de troubles du comportement alimentaire. Mon approche est dite plutôt comportementale, j’utilise beaucoup l’entretien motivationnel dans mes séances.

Nous allons parler aujourd’hui de l’anorexie et la boulimie. Pouvez-vous nous faire une piqûre de rappel sur ces deux maladies ?

Ce sont les troubles du comportement alimentaire les plus connus. Ils ont pour point commun d’induire de nombreuses pensées restrictives dans la tête des patient(e)s atteint(e)s. Par exemple, le patient se dit qu’il ne doit pas manger de chocolat, que le chocolat est mauvais pour lui, etc … Les différences entre les troubles se trouvent dans le comportement exprimé:

  • Pour l’anorexie : le comportement suit les pensées restrictives (restriction excessive des prises alimentaires)
  • Pour la boulimie, le comportement va à l’extrême inverse des pensées restrictives (prise excessive de nourriture). Autrement dit, alors que le sujet ne souhaite pas manger de chocolat, il en mange plusieurs carrés ou tablettes. 

Quelles sont les symptômes de l’anorexie et de la boulimie?

Le principal symptôme physique est la modification du poids (perte ou prise importante), puis arrivent la fatigue, les douleurs, la perturbation du bilan sanguin… Il existe plusieurs formes de ces maladies qui se caractérisent par des comportements différents:

  • La boulimie hyperphagique : le patient est sujet à des prises alimentaires en excès, avec une sensation de perte de contrôle. Les personnes atteintes sont donc souvent en surpoids.
  • La boulimie non hyperphagique : le patient cherche à compenser par différentes manières ses prises alimentaires (sports en excès, vomissement, médicaments laxatifs…).
  • L’anorexie: le patient fait tout pour éviter de prendre du poids et restreint tellement son alimentation qu’il peut mettre son corps en grand danger.

Chacun de ces troubles physiologiques s’accompagnent de symptômes psychiques comme l’apparition de culpabilité extrême, la diminution de l’estime de soi, le repli sur soi …

Quelle prévention peut-on mettre en place pour éviter les troubles anorexiques et les troubles boulimiques ?

Les principaux leviers d’actions sont avant tout mentaux:

  • Arrêter de favoriser certains aliments ou d’en diaboliser d’autres.
  • Etre vigilant(e) sur la façon dont on parle du corps, du poids. Dès le plus jeune âge les enfants sont sensibles aux remarques sur leur poids ou leur morphologie. Ils peuvent également s’approprier les remarques que nous faisons sur notre propre poids : “Ce pantalon me rend gros”.
  • Arrêter de valoriser la perte de poids, à la maison certes mais dans l’espace public également (magazine, publicité etc.)

Quand on souffre de ce type de trouble, quels gestes peut-on faire pour se soigner ?

Consulter un praticien formé, le plus tôt possible ! Soit, dès les premières pensées restrictives, dès la première culpabilité, dès une variation de poids importante et rapide (dès 5 à 10% de son poids en 1 mois)

Est-ce qu’il y a des aides nutritives pour accompagner la guérison ( ex: complément alimentaire, produits de la ruche, huiles essentielles etc.) ?

Les personnes qui souffrent de boulimie ou d’anorexie sont souvent carencées. Des compléments alimentaires peuvent être intéressants pour combler un manque de certaines vitamines et certains minéraux. Il existe par ailleurs des aliments hyper caloriques enrichis en protéines en cas de dénutrition.

Un petit mot pour de conclusion ?

L’anorexie et la boulimie sont des troubles longs à réguler, mais les symptômes à long terme sont réversibles. Plus vous consultez tôt, mieux c’est. Il est plus compliqué de s’en sortir seul(e). Il est dans tous les cas, jamais trop tard pour consulter, en parler. 

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