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04.19.2022

JIB Home: la domotique au service du handicap

Interview réalisée avec Thomas, fondateur de JIB Home, la domotique pour le handicap.

Bonjour Thomas, pourriez-vous décrire en quelques mots l’origine de JIB et ses objectifs ?

Bonjour, je m’appelle Thomas, j’ai 29 ans et je suis le cofondateur de JIB. Nous sommes une entreprise sociale reconnue par le statut ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) qui a pour mission de rapprocher l’univers de la tech et celui du handicap pour rendre accessible l’autonomie au domicile des personnes en situation de handicap.

Au début de l’aventure il y a cette prise de conscience d’une demande énorme en technologies par le monde du handicap (notamment moteur) afin de résoudre certains problèmes du quotidien avec en face des technologies existantes souvent mal adaptées car développées sans prise en compte de cet enjeu.

Notre but c’est tirer partie des technologies existantes en les adaptant pour que les personnes en situation de handicap puissent y avoir accès facilement et ce à un prix abordable. Avec JIB, l’autonomie n’est plus un luxe !

Quelles solutions vous apportez pour résoudre ce problème de l’autonomie ?

Bien que cette situation touche beaucoup de handicaps différents, nous avons fait le choix de nous concentrer dans un premier temps sur le handicap moteur. 

Aujourd’hui en France, plus de 1,5 millions de personnes utilisent quotidiennement un fauteuil roulant. Par ailleurs, 80% de nos utilisateurs n’ont pas d’interaction tactiles avec l’écran. Ce qui est évident pour un valide lorsqu’il sort son téléphone de sa poche par exemple devient un vrai challenge pour une personne en situation de handicap.

Les solutions développées par notre équipe leur facilitent la vie sur 4 sujets clés:

  1. Le contrôle de l’environnement (ce que l’on appelle souvent “domotique”). Concrètement cela veut dire être capable de contrôler l’inclinaison de son lit, l’ouverture des portes, des volets, allumer la lumière ou la télévision etc.
  2. La téléphonie : malgré toute la technologie embarquée dans nos téléphones il faut comprendre qu’il aujourd’hui impossible de décrocher un appel sans swiper ou de demander à son assistant vocal de mettre un appel sur haut parleur. Nous avons donc par exemple connecté l’application de téléphonie au contacteur du fauteuil (bouton de commande du fauteuil) pour permettre à l’utilisateur de pouvoir appeler ses proches ou décrocher le téléphone simplement.
  3. La communication : les personnes en situation de handicap lourd ne peuvent souvent plus communiquer par la voix. Grâce à un système de commande oculaire pour prendre le contrôle d’un ordinateur, des personnes atteintes de la maladie de Charcot par exemple retrouve la capacité de communiquer avec leurs proches !
  4. La sécurité : dans le monde médicalisé nous développons également des solutions pour faciliter l’appel d’un soignant par le malade qui se sent plus en sécurité.

On ne se rend pas toujours compte des difficultés quotidiennes d’une personne en situation de handicap, est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur le quotidien de vos utilisateurs ? 

On aborde ici deux sujets au cœur de notre activité: la méconnaissance du handicap et des réalités simples qui lui sont associées ainsi que la nécessité d’une aide humaine quotidienne.

Pour vous, la journée commence dès le réveil: vous sortez du lit, allumez la lumière et mangez votre petit déjeuner. Pour une personne en situation de handicap, la journée commence à l’arrivée de son soignant même si elle est réveillée depuis longtemps. On comprend donc l’intérêt d’adapter la domotique pour lui permettre a minima de relever son lit, allumer la lumière ou la télévision pour démarrer sa journée.

Un second exemple très pragmatique. Si vous avez besoin d’une personne pour vous ouvrir les portes et ne pas rester enfermé chez vous ou à l’extérieur de chez vous, vous devez programmer chaque sortie en fonction du planning de votre soignant ou des visites de vos proches.

Ce besoin omniprésent d’aide et d’assistance est d’autant plus néfaste qu’il génère une frustration forte, voire de la colère, pour ces personnes qui demandent plus d’autonomie.

Quelle vision avez-vous sur ce sujet ?

Ce qui est dingue c’est que nous avons toutes les cartes en main pour résoudre ces problèmes simples. Je rêve d’un monde où les concepteurs de produits technologiques soient suffisamment éveillés sur ce sujet pour que l’on n’ait plus besoin de JIB !

En attendant, nous nous efforçons de créer des ponts entre les technologies actuelles et les besoins de nos utilisateurs pour leur rendre la vie plus simple sans que cela ne leur coûte trop d’argent.

 Combien êtes-vous aujourd’hui chez JIB pour résoudre cet enjeu ? 

Nous serons bientôt une vingtaine de personnes réparties entre le développement de nos solutions (experts tech et ergothérapeutes), la communication pour sensibiliser sur l’existence de nos solutions et le commercial pour démocratiser notre solution auprès de nos utilisateurs et des professionnels de santé. 

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Aujourd’hui nous concentrons nos efforts en France et sur le handicap moteur qui réunit déjà beaucoup de pathologies différentes (maladie de Charcot, sclérose en plaque, myopathie, infirmité motrice cérébrale etc.). Demain nous aimerions étendre à la fois notre zone d’impact géographique à d’autres pays européen (la France étant particulièrement mauvais élève sur le sujet de l’accessibilité) mais aussi sur le handicap mental car il touche également 1 million de personnes en France avec une problématique proche d’accessibilité aux technologies.

Si vous aviez 3 conseils très simples et pragmatiques pour faciliter le quotidien des personnes en situation de handicap moteur ?

Mon premier conseil serait d’aller consulter un ergothérapeute. C’est encore trop peu démocratisé alors qu’ils apportent des solutions très adaptées à chaque personne et chaque situation.

Mon second conseil est de ne pas rester seul. On l’a vu le handicap moteur touche énormément de personnes en France et il faut absolument partager avec d’autres (associations, proches, personnes en situation de handicap) vos problématiques du quotidien et les solutions que vous avez trouvées pour y remédier. Je suis persuadé qu’il y a beaucoup de petits conseils à partager !

Mon troisième c’est évidemment d’appeler JIB pour diagnostiquer avec nous votre besoin et les solutions que nous avons à disposition pour rendre votre quotidien plus agréable !

Et j’en donne un petit bonus aux valides qui liront cet article: évitez la question “qu’est-ce qui vous est arrivé ?”. Elle est souvent énervante car pour beaucoup le handicap est de naissance et il fait partie de la personne au même titre que la couleur de ses yeux ou de ses cheveux 😉

Le mot de la fin ?

Ce qui nous anime tous dans ce projet finalement c’est l’inclusion : il ne s’agit pas simplement de rendre leur dignité et leur autonomie aux personnes en situation de handicap mais surtout de les aider à ouvrir (eux-même) les portes de notre société pour lui apporter leur force et leur philosophie !

Equipe JIB Smarthome | autonomie et handicap

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