Michaël Panneau, naturopathe à Montévrain, nous parle du diabète de type 2.

Interview réalisée avec Michaël Panneau, naturopathe installé à Montévrain depuis 2020. Il nous raconte comment l’hygiène de vie influence la prise en charge du diabète de 2 et nous livre quelques conseils pour réduire naturellement la glycémie dans le sang

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je m’appelle Michaël Panneau et je suis naturopathe, installé à Montévrain depuis 2020. A 20 ans j’ai découvert que j’étais atteint d’une hernie discale et d’un tassement de vertèbres, rien qu’en laçant mes chaussures, je pouvais me bloquer le dos.

Les médecins que j’ai rencontrés à cette époque m’ont donné l’unique alternative de prendre des traitements à vie et d’arrêter le sport. Je n’étais absolument pas prêt à accepter cette situation à mon âge et j’ai donc commencé à changer mes habitudes de vie pour observer la manière dont cela faisait évoluer les symptômes.

J’ai commencé à ajuster mon activité physique, à modifier mon alimentation pour manger plus sainement puis j’ai adopté des exercices respiratoires et enfin j’ai appris à gérer mes émotions. J’ai commencé à me sentir mieux petit à petit et il y a deux semaines le dernier IRM que j’ai fait ne montrait ni hernie, ni tassement !

Ce changement personnel m’a conduit à un changement professionnel fort puisqu’il y a deux ans j’ai décidé de quitter mon emploi en informatique pour me former en naturopathie puis m’installer à mon compte.

Nous allons parler du diabète ensemble. Avant de rentrer dans le vif du sujet, pouvez-vous nous faire une petite piqûre de rappel sur les types de diabète? 

Il en existe deux types :

  • Le diabète de type 1 qui est une maladie auto-immune et génétique avec laquelle nous pouvons simplement apporter du confort dans l’hygiène de vie de la personne.
  • Le diabète de type 2, plus représentatif de l’hygiène de vie actuelle, qui touche plus de 3 millions de personnes en France et qui est en constante augmentation. 

La problématique du diabète est une mauvaise régulation de la glycémie dans le corps (taux de sucre dans le sang). Dans le cas du type 2, cette mauvaise régulation provient soit d’une diminution de la sécrétion de l’insuline, l’hormone de régulation de la glycémie sécrétée par le pancréas; soit d’une diminution d’efficacité de l’action de l’insuline au niveau des cellules qui absorbent moins de sucre qui’il ne le faudrait.

Si le terrain génétique favorise l’apparition du diabète de type 2, l’hygiène de vie, l’alimentation, l’activité sportive, la sédentarité, le surpoids sont autant de facteurs aggravant sur lesquels nous pouvons agir en prévention et en guérison pour limiter les effets du diabète.

Quels sont les symptômes du diabète de type 2 ?

Le diabète de type 2 n’est pas toujours bien diagnostiqué et les symptômes varient d’une personne à l’autre. Physiologiquement on est atteint du diabète lorsque notre glycémie se dérègle de son point homéostatique (point d’équilibre) entre 0.7 et 1 g par litre de sang.

Ces pics d’hyperglycémie génèrent des symptômes comme de la fatigue, des troubles de la vision, des picotements dans les membres inférieurs, une suralimentation, une soif importante ou encore un besoin fréquent d’uriner.

En tant que naturopathe, comment abordez-vous le diabète dans la relation avec vos clients ?

La première phase de tous nos accompagnements est l’anamnèse. C’est une discussion souvent assez longue (1h30) qui nous permet de comprendre l’état de santé de notre client mais aussi ses habitudes de vie et nous remontons souvent dans le passé pour comprendre si des évènements professionnels ou personnels ont pû générer des émotions fortes.

Je pratique par ailleurs l’iridologie qui me permet par l’observation des yeux d’avoir des informations complémentaires sur l’état du système digestif par exemple.

Ce qu’il est important de comprendre c’est que le diagnostic est posé par un médecin qui a été formé pour ça. Le naturopathe va lui chercher à comprendre quelles peuvent être les causes racines de la maladie. L’idée est ensuite de trouver des solutions complémentaires à l’injection d’insuline pour aider les clients à réguler leur glycémie.

Quelles sont les solutions que vous pouvez apporter justement après avoir cerner en partie le problème ?

Nous allons modifier les plans d’action en fonction de chaque individu mais évidemment le premier levier d’action est l’alimentation. Nous sommes ce que nous mangeons et la qualité de notre alimentation se ressent donc sur notre corps.

1. Adoptez une alimentation à charge glycémique faible

Ce type d’alimentation permet d’éviter une surcharge de sucre dans l’organisme. Cela veut dire éviter les produits riches en sucres “lents” comme “rapides”. Les fruits n’entrent pas dans cette catégorie car ils sont gorgés de micro-nutriments et d’eau, leurs sucres sont donc très dilués. Vous pouvez également augmenter la part de légumes et autres végétaux comme les oléagineux ou les graines germées. Ou encore éviter de manger des aliments trop transformés car chaque étape de transformation dégrade une partie des nutriments (souvent instables). Malheureusement pour les amoureux de boulangerie, le petit déjeuner traditionnel est à bannir lui aussi.

2. Espacez les repas (et sautez en un si possible)

La surcharge du système digestif entraîne une fatigue et une usure des organes qui peuvent être à l ‘origine d’une moindre sécrétion d’insuline par le pancréas ou d’une moins bonne réceptivité de l’insuline par les récepteurs cellulaires. Les pics de glucose épuisent nos mitochondries (centrales énergétiques cellulaire), accélèrent le vieillissement et conduisent à la résistance à l’insuline. Espacer les repas c’est donc donner du temps à l’organisme pour digérer totalement l’apport glycémique, se nettoyer, éliminer ses déchets et de se régénérer avant nouvelle prise alimentaire. Les phases de nettoyage, d’élimination et de reconstruction sont bien plus efficaces quand notre énergie n’est pas uniquement concentrée sur la digestion. Posez vous la question, est-ce que je mange par faim ou par habitude ?

3. Pratiquer une activité sportive régulière

Le sport permet à notre corps de déstocker ses réserves d’énergie. Des études scientifiques sont en cours pour démontrer l’impact de l’activité sportive sur l’espacement des injections d’insuline. Il est possible qu’un jour le sport soit prescrit et remboursé en cas de diabète de type 2. Cela joue en plus sur la surcharge pondérale et l’état de santé globale de l’individu. 

4. Faîtes-vous accompagner sur le plan psycho-émotionnel si besoin

J’exploite souvent la gestion des émotions comme piste de travail. Y a-t-il eu des éléments déclencheurs de la maladie, des changements d’habitudes alimentaires, des modifications dans l’environnement de la personne au moment de l’apparition des symptômes? L’accompagnement psycho-émotionnel peut permettre une meilleure compréhension de la maladie, de son origine et des efforts à faire pour ne pas trop en souffrir.

Y a-t-il par ailleurs des aliments, compléments alimentaires ou huiles essentielles pour aider naturellement le corps ?

Si l’on met en place ce premiers gestes essentiels, il peut être intéressant d’aller un cran plus loin dans l’accompagnement de l’individu avec certains types d’aliments, d’huiles ou de compléments.

Les aliments qui peuvent vous aider:

Le fenugrec permet par exemple la stimulation du pancréas et donc la stimulation de la production d’insuline. L’oignon a naturellement des propriétés hypoglycémiantes et est donc intéressant également. La cannelle permet un effet coupe faim et facilite la digestion. De manière générale, les aliments hypoglycémiants sont indiqués.

Les compléments alimentaires

Les diabétiques peuvent consommer des compléments alimentaires de chrome qui est un cofacteur de production d’insuline. On les trouve souvent sous forme d’ampoules de chrome en vente libre.

Les synergies d’oligothérapie “zinc, nickel, cobalt” agissent également sur le système hormonal (complexe pancréatico-hypophysaire) pour l’aider à métaboliser les glucides et réguler la glycémie.

La spiruline est également très intéressante pour sa richesse nutritionnelle. Son effet anti-fringale favorise la perte de poids, et elle influence positivement la glycémie basale et postprandiale ainsi que le taux de cholestérol et de triglycérides dans le sérum sanguin.

Les huiles essentielles (attention de bien vérifier avec un professionnel leur utilisation)

L’huile de géranium rosat est stimulante pour le pancréas. Elle stimule donc la production d’insuline et peut être conseillée pour aider l’organisme à stocker le sucre dans les cellules et maintenir la glycémie à son niveau d’équilibre.

Un petit mot pour la fin ?

Gardez à l’esprit que le mieux est de consommer des produits frais, de saison et de qualité biologique ou équivalente. Si vous en ressentez le besoin, faites-vous accompagner globalement pour apprendre à mieux gérer votre hygiène vitale. Ayez confiance en vous et ne lâchez rien. Je vous souhaite le meilleur!

Michaël, naturopathe à Montévrain

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