06.17.2022

OZ’IRIS Santé, l’innovation et le design pour remettre l’humain au cœur des Parcours de Santé.

L'Essentiel » Maladies chroniques » OZ’IRIS Santé, l’innovation et le design pour remettre l’humain au cœur des Parcours de Santé.

Interview réalisée avec Iris Roussel, fondatrice d’OZ’IRIS Santé, l’agence d’innovation et de design qui remet l’humain au coeur des parcours de santé.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Iris Roussel, j’ai 32 ans et je suis entrepreneure engagée sur des sujets de santé. J’ai fondé OZ’IRIS Santé dont la raison d’être est d’humaniser les parcours de santé et parcours de vie des patients et personnes fragiles.

Ingénieure en mécanique de formation (INSA Lyon), j’ai eu ma première expérience professionnelle dans une clinique sur la conception d’une nouvelle table d’accouchement. C’est un sujet que j’ai trouvé très intéressant mais qui m’a également posé la question des besoins de la femme sur le point d’accoucher. Se pose-t-elle réellement la question de l’ergonomie de la table d’accouchement ?

Mon intuition était que plus que du matériel, cette situation requiert un service humain de grande qualité et j’ai donc commencé à me renseigner et à me former sur les méthodes d’innovation centrées sur l’utilisateur, sur l’analyse des besoins, des usages. De fil en aiguille je suis devenue designer et c’est par ce biais que j’ai créé OZ’IRIS Santé.

D’où vient l’idée de OZ’IRIS Santé ?

OZ’IRIS Santé est née de deux composantes importantes de ma vie. Premièrement mes formations d’ingénieure et de designer qui m’ont apporté une vraie appétence pour la compréhension et la résolution de problèmes. Deuxièmement, mon parcours personnel qui m’a fait côtoyer énormément le milieu hospitalier en tant qu’aidante pendant 10 ans. Ce parcours personnel m’a amené à être proche des difficultés que l’on peut avoir dans la maladie et c’est un driver fort aujourd’hui d’essayer de fluidifier les parcours de santé pour alléger notamment la charge mentale des malades et aidants.

Enfin, j’ai toujours considéré que les personnes malades développent un vrai savoir expérientiel issu de la vie avec la maladie qui est complémentaire aux savoirs medicaux qui n’est pas suffisamment exploité. Au Canada par exemple, les nouveaux médecins sont également formés directement par des binômes patients médecins pour une meilleure compréhension du vécu des usagers avec la maladie.

Qu’est-ce que vous proposez concrètement ?

OZ’IRIS Santé est une agence d’innovation dans la santé destinée à humaniser au maximum les parcours de vie des usagers. Nous travaillons avec des hôpitaux, des territoires, des laboratoires pharmaceutiques ou encore des assurances et mutuelles pour innover sur les services qu’ils proposent pour améliorer leur qualité de prise en charges, pour se différencier en créant des offres sur la prévention santé ou encore la qualité de vie au travail. 

Pour y arriver nous développons 3 activités principales:

  1. Recherche: faire émerger des opportunités d’innovation pour nos clients. Par exemple, aider un laboratoire pharmaceutique à apporter une valeur ajoutée au-delà de la molécule active du médicament.
  2. Design de service et mise en œuvre: aider à la mise en place opérationnelle de nouveaux services. Par exemple, le développement d’un kit outil papier et digital à destination des personnes atteintes d’insuffisance rénale pour leur permettre de mieux dialoguer avec leur médecin généraliste, leur néphrologue mais aussi leur entourage.
  3. Formation action: essaimer notre méthodologie à des professionnels de santé, directions d’établissement de santé et industriels qui le souhaitent pour faire évoluer les pratiques d’innovation et monter en compétence sur le design thinking, l’expérience patient et l’intelligence collective. 

Qu’est-ce que l’on appelle un parcours de vie et un parcours de santé ?

Si on résume, quand on parle d’un parcours de vie il s’agit de toutes les étapes de la vie par lesquelles une personne passe lorsqu’il a une problématique de santé, un handicap, une situation de fragilité. Il est à ne pas confondre avec le parcours de santé, qui en fait partie, mais se centre davantage sur les interactions avec les professionnels de santé. 

Dans le parcours de santé nous avons des considérations amont, comme l’orientation de parents vers les bons centres de diagnostic de l’autisme, et dans le parcours de vie nous pensons aussi par exemple en aval comme l’accompagnement vers l’emploi des personnes en rémission de cancer.

Quel est l’impact sur les usagers d’un mauvais parcours de santé et de vie ?

Un mauvais parcours de santé génère des problèmes à différents niveaux:

  • Le ressenti d’un manque de coordination des acteurs autour des patients (ex. difficulté de communication entre généraliste et spécialiste) 
  • Difficulté d’adaptation du métier ou de son quotidien à la maladie 
  • Mauvaise communication du ressenti de la maladie à son entourage et sentiment de solitude face à l’épreuve.
  • Difficulté pour identifier les bons centres spécialisés sur la prise en charge de sa maladie si on parle d’une maladie rare (et donc déficit d’expertise en début de parcours)
  • Manque de fluidité au niveau du parcours (ex. manque de suivi psychologique et nutritionnel après une opération pour l’obésité).
  • Prise en compte de l’aspect scientifique de la maladie mais peu de son impact sur la vie du patient (relations, travail, vie de couple, acceptation de soi etc.)

C’est un impact économique également puisqu’un patient qui n’a pas la bonne information au bon moment ne va pas être traité avec la même efficacité et va finir par “coûter plus cher” ! La bonne nouvelle c’est que la Haute Autorité de Santé renforce l’importance d’une bonne expérience patient et commence à imposer des normes de prise en compte de cette expérience en établissement de santé !

Où en êtes-vous aujourd’hui et quelle est la suite pour OZ’IRIS Santé ?

Nous sommes une dizaine de salariés avec des compétences multiples et complémentaires. Je suis fière de dire que l’on a déjà accompagné plus de 40 projets avec des acteurs très différents et en cocréation avec plus de 3000 usagers, patients, professionnels et aidants. 

L’un des nombreux sujets qui nous occupe en ce moment est la mesure d’impact social de notre activité. Nous avons envie de piloter l’activité à travers ce prisme là mais la mise en œuvre est assez complexe. Comment évaluer objectivement l’empowerment des usagers ou l’amélioration de leur qualité de vie ?

Un petit mot de la fin ?

A travers le programme de formation OZ’ONS qui forme patients, aidants, professionnels de santé et innovateurs en santé, nous visons aussi à animer et fédérer une communauté d’acteurs engagés. Nous devenons par ce biais un facilitateur de rencontres et de diffusion de bonnes pratiques pour démultiplier notre impact au maximum !

OZ'IRIS Santé, l'humain au coeur des parcours de santé

Articles récents

Articles similaires