06.06.2022

Emeraude Panaget, naturopathe, nous partage sa vision quelques uns de ses secrets pour rester en forme.

Interview réalisée avec Emeraude Panaget, naturopathe depuis 2019. Emeraude aide ses clients à se réapproprier leur santé. Elle nous livre à travers son parcours sa vision de la santé au quotidien ainsi que quelques petits secrets pour rester en forme

Bonjour Emeraude, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Issue d’un cursus Ingénieur après un joli diplôme de l’AgroParisTech en 2015, je suis devenue naturopathe en 2019 après avoir démarré une carrière comme Ingénieure Agronome dans le domaine de la micro-irrigation. J’ai quitté mon travail en 2018 pour me former à temps plein au sein d’EuroNature, après une tentative de formation à distance qui ne me convenait pas. Je suis donc retournée sur les bancs de l’école pendant une année intensive, puis me suis lancée à mon compte vers de nouvelles aventures !

J’ai démarré avec une activité de consultation en cabinet, qui n’a pas été facilitée par le contexte covid. Je me suis rapidement diversifiée avec des missions variées et  différents modes de transmission, avec l’enseignement de la naturopathie auprès d’étudiants en diététique, et le conseil en pharmacie où la clientèle est très demandeuse de compléments alimentaires de toute sorte.

De plus en plus de gens s’intéressent profondément à leur santé et veulent la reprendre en main, ce qui montre une belle évolution de notre société. Cela génère un marché très compétitif avec une offre de contenus et de produits très large dans laquelle il peut parfois être dur de se retrouver. Les naturopathes peuvent jouer un rôle majeur dans cette transition globale, de beaucoup de manières.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir naturopathe ?

Il y a eu des mois de réflexions avant de me lancer dans cette reconversion. J’ai d’abord su que cette vie de travail en entreprise ne me convenait pas et ne résonnait pas en moi malgré de belles opportunités pour croître et apprendre. Je voulais vivre en ayant une posture plus authentique par rapport à mes valeurs et mon rapport aux autres. 

Je me suis tournée vers la piste de l’enseignement en premier lieu, avant que trois éléments simultanés ne viennent m’indiquer la voie : d’abord, l’introduction dans ma vie personnelle de la micronutrition et de la supplémentation dans le cadre de mes projets sportifs. J’ai testé un ensemble de compléments alimentaires dont à l’époque j’ignorais tout (je réalise avec le temps l’insouciance dont je faisais preuve sur ces sujets !) et j’ai été stupéfaite par les résultats et les changements que j’ai vu s’opérer sur ma santé et mes performances.

S’en est suivie la lecture du fameux “Le charme discret de l’intestin” de Giulia Enders, qui m’a fait l’effet d’un déclic : le lien nutrition-santé, le lien entre le corps et les émotions, la mécanique extraordinaire de notre corps qui, une fois qu’on la comprend, nous permet d’avoir une conversation permanente avec lui et recueillir une infinité d’informations chaque jour… Tout cela m’a passionnée et a répondu à beaucoup de questions que je ne pensais pas me poser.

Enfin, une conversation ! Avec une amie à qui j’ai détaillé longuement mes réflexions et qui m’a dit “mais tu veux pas faire naturopathe ?”. Je ne connaissais même pas cette médecine ni ses praticiens, alors je me suis renseignée et ça a été le coup de foudre !

Comment vous êtes-vous formé pour accompagner vos clients ?

Par les études forcément, en passant par une formation de qualité certifiée par la FENA, de nombreuses lectures et de la pratique, mais aussi par un travail approfondi sur soi. Il est délicat de devenir thérapeute et d’accompagner autrui sans travailler sur soi en continu, et plus intensément au démarrage, car ne nous leurrons pas : les personnes qui choisissent cette voie sont souvent elles-mêmes en pleine mutation, bouleversées, surmontent ou ont surmonté des difficultés liées à la santé physique ou psychique (les deux bien souvent). Personne n’arrive thérapeute frais comme une gardon ! C’est un passage dont on ne parle pas beaucoup mais qui est primordial.

Les méthodes sont nombreuses et personnelles, on peut se faire accompagner soi-même par un naturopathe, énergéticien, psychologue, kinésiologue, sophrologue, hypnothérapeute, cercle de paroles etc. Une part du “Healing process” doit être faite pour être capable d’accompagner les personnes qui viennent à nous. Et beaucoup de tolérance envers soi et les autres.

Avez-vous une expertise ou une spécialité particulière ?

J’ai été formée par la suite en Gestion du stress au travail via l’organisme UNOW. C’est une problématique qui me parle énormément et qui touche une grande majorité de personnes. Le covid avec la mise en place du télétravail a été pour une partie d’entre nous une superbe amélioration de la qualité de vie et de santé mentale, pour d’autres des adaptations stressantes et compliquées. Quoiqu’il en soit, il y a toujours beaucoup à faire. Je regrette aujourd’hui de ne pas plus travailler avec les entreprises sur ce sujet, mais cela peut encore venir!
Je suis également relativement spécialisée dans le milieu sportif, de par mon expérience personnelle et mon réseau qui forme ma clientèle d’origine !

Quel est l’avenir de ces médecines douces et préventives en France selon vous ?

L’avenir est énorme, colossal même. C’est l’avenir, tout simplement.Les générations à venir trouveront tout cela normal, certaines habitudes, connaissances et aliments feront partie de leur quotidien et de leur hygiène. J’en suis absolument convaincue. Tout simplement parce que le système conventionnel a atteint un stade où il peut devenir contre-productif, et la société le vit quotidiennement et s’en rend bien compte. Un équilibre harmonieux entre ces médecines oubliées et la médecine moderne sera trouvé dans les années qui viennent.

Quels sont les ingrédients, plantes ou actifs que l’on devrait tous connaître ?

Il y en a tant ! Je partirai sur un Magnésium : un bon magnésium, si possible chélaté pour une meilleure absorption, associé à de la taurine pour qu’il reste en intracellulaire, et à des vitamines du groupe B. Avec le magnésium, on règle quasiment tout à la source, c’est un complément de première intention : fatigue, sommeil, irritabilité, crampes, récupération, transit, stress… 90% des problématiques sont soulagées par l’apport en cure voire en permanence d’un bon magnésium.

La raison est simple, ce minéral alcalin intervient dans plus de 400 réactions enzymatiques, tamponne l’acidité produite par une mauvaise alimentation et le stress (le sport intensif rentre dans cette catégorie), ce dernier entraînant en plus une “fuite” du magnésium. En d’autres termes, je n’exagère presque pas en disant que 100% des gens autour de nous ont un déficit en magnésium, sans le savoir. 

Si vous aviez 3 gestes que l’on peut appliquer au quotidien pour rester en bonne santé ?

  • Boire suffisamment d’eau, et si possible une eau de source ou au moins filtrée. Rien qu’avec ça, on aide l’organisme à s’auto-nettoyer via les reins, ce qui normalement fonctionne très bien, on prévient en partie des problématiques de calculs, d’arthrite, de tendinite et de rhumatisme, et tous nos tissus fonctionnement globalement mieux.
  • Être à l’écoute des signaux de son corps ! Ce n’est pas vraiment un geste, mais connaître son corps, et connaître le fonctionnement normal de son corps donne énormément d’informations qui, si on les écoute, permettent de corriger le tir avant qu’un déséquilibre ne s’installe en pathologie. Par exemple, observer ses selles, leur fréquence, texture, odeur, couleur, c’est THE indication de santé à partir de laquelle on sait tout de vous.
  • Le mouvement : tout le monde le sait déjà, mais bouger c’est la santé. Physique et psychique. Pas besoin de se lancer dans quelque chose d’intensif ou de brutal pour le corps si le cœur ne vous en dit pas. 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

La connexion. D’abord à soi-même parce que tout part de là. Et ensuite aux autres ! Elle nous donne les réponses, et nous montre l’universalité de nos problèmes. Elle nous permet de créer petit à petit une communauté plus consciente et plus sereine. Les sciences évoluent sans cesse et rapidement, il faut rester au fait des dernières découvertes en matière de santé pour bien travailler, mais quelque part, la moitié du boulot se fait sans “traitement” d’aucune sorte. 

Comment sait-on qu’il faut consulter un.e naturopathe ? Ou que l’on a besoin d’un complément ou d’une huile essentielle par exemple ?

Un.e naturopathe peut être consultée pour absolument n’importe quel motif. Malheureusement, beaucoup de nos clients arrivent en consultation lorsque les choses sont devenues très difficiles, et qu’aucune autre solution (ou médecine) n’a marché. En réalité, vous pouvez consulter pour un motif ordinaire : insomnie, ballonnement, stress, problèmes de peau etc. Des soucis dont on a tendance à s’accommoder alors que des solutions existent.

Les compléments peuvent être pris tout au long de l’année si le rythme de vie de la personne ou un terrain fragile (ou pathologie installée) le recquiert, comme ils peuvent être pris sous forme de cure, en préventif et en curatif. Il est intéressant de consulter des naturopathes rien que pour connaître un “programme” type qui nous convient au cours d’une année, les bonnes cures à prendre au bon moment face à tels symptômes, ou en préventif encore une fois. Les huiles essentielles en revanche, sont des outils curatifs puissants. Elles agissent comme un traitement médical le ferait, en cas de crise aiguë. Elles ne s’utilisent pas en cure (sauf en diffusion pour quelques unes) et présentent de nombreuses contre-indications qu’il est important de vérifier. Ce sont par contre des “remèdes naturels” redoutables, bien qu’il soit interdit de les nommer ainsi.

Quels sont les maux les plus courants pour lesquels on fait appel à vous ?

La déprime, la dépression, l’angoisse, les troubles du comportement alimentaire sont des motifs très fréquents de consultation. Ce sont des motifs qui requièrent du temps d’écoute, pour comprendre la personne, ce qu’elle vit, pourquoi. Et qui demandent un accompagnement sur plusieurs séances en général même s’il n’y a aucune obligation.

Les motifs liés à la digestion sont également très récurrents, avec le sommeil, le SPM et la peau. Parfois, un.e client.e peut venir avec une demande initiale symptomatique comme un eczéma, qui s’avère au cours de l’entretien bien plus complexe que cela. Il n’y a pas réellement de consultation type, et à titre personnel, mes consultations se déroulent relativement différemment selon la personne que j’ai en face de moi. Un aspect qui ne varie pas cependant, est la durée de la première consultation, que je tiens difficilement en moins de 2h si ce n’est 3 ! Mais c’est comme ça que j’aime travailler 🙂

Emeraude Panaget, naturopathe à Marseilles

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